SUR LA SCULPTURE

 

J’ai commencé le travail sur le volume en même temps que la peinture en 84-85, mais le modelage de la terre se rapprochait plus d’une distraction que d’une quelconque recherche.

C’est la rencontre avec un matériau : le bois, qui a déclenché un approche plus sérieuse de ce médium.

Malgré tout, la sculpture représente en temps 5% de mon activité et 2% de ma production, pourtant j’y tiens parce qu’elle offre une pratique radicalement différente du travail graphique.

Elle est totalement propriétaire des formes (elles-mêmes induites directement par le matériau) qui s’appliqueront à elle, et c’est dans cette optique que peut se trouver l’explication de la différence de « style » avec la peinture ou la gravure. Parfois elle peut s’en rapprocher, ainsi les exemples de « matière grise » et « comme une ombre ».

Mails il y a plus d’éléments de séparation que de rapprochement.Les séances de travail sur une peinture dépasse rarement les 2 heures alors qu’elles peuvent atteindre 8, 10 heures ou plus sur une sculpture.

Je ne travaille jamais plus d’une sculpture à la fois alors que les séances courtes nécessitent de commencer plusieurs peintures (jusqu’à 20 ou 25) simultanément.

Si le travail d’une peinture est dans l’accumulation d’éléments successifs (quitte à en enlever par la suite) la sculpture en taille directe ne se fait que dans la soustraction de sa matière.

Et donc l’accident, cassure, fêlure, fracture du matériau, impose qu’on le prenne en compte alors que ça reste un choix en peinture, et dans une moindre mesure en gravure (les « réparations de la planche de cuivre sont très difficiles mais possibles).

Par la suite, l’ajout de matériaux étrangers et de formes extérieures au tronc principal est devenu une nécessité quand la pauvreté de celui-ci l’exigeait et que le tout allait dans le sens du sujet.

En définitive, la sculpture pratiquée en pointillé acquiert sa propre vitesse d’évolution et se définie par rapport à elle-même dans sa forme tout en empruntant parfois les thèmes exploités en peinture.

Et dans ce dernier cas, elle m’est très utile pour adapter un point de vue radicalement différent sur un même sujet*, lui apporter une richesse et mieux le cerner.

 

*Pour exemple, le travail sur la chute.