Le titre suggère qu'entre le point d'équilibre, point dans le sens d'instant, et l'instant d'après où il n'y a plus, où il n'y a point d'équilibre, il existe un temps en dehors du temps, propre à la sculpture. Elle retient la forme, et donc l'idée, dans un espace fait de patience infinie, inhumaine, elle me fait comprendre que sans patience, point d'équilibre. Si la peinture ou plus généralement l'art graphique occupe un espace plan, à deux dimensions, la sculpture occupe notre espace, celui où nous évoluons (du moins pour les meilleurs d'entre nous), elle s'accapare les quatre dimensions, si l'on compte le temps pour une dimension. Cette pièce était aussi pour moi l'occasion de lier mon travail de sculpture sur l'équilibre-déséquilibre et mon travail de gravure sur l'ombre. Le socle a la forme épurée de l'ombre projetée de la sculpture. Travail déjà abordé à travers ce pastel, ombre projetée de Déséquilibre lors d'une magnifique journée de l'été 1997.